Diplômé de HEC, Jean-François Gabilla est Président de la Fédération des Promoteurs Constructeurs de France. Par ailleurs, après avoir dirigé l'activité sur toute la province de Bouygues Immobilier qu'il a intégré en 1991, il en est actuellement le Directeur Général des relations institutionnelles.
Question : Vous êtes à la tête de la FPC depuis 2 ans, quel bilan du marché l’immobilier, et plus particulièrement de l’immobilier locatif, pouvez-vous faire ? Quelles sont selon vous les perspectives pour 2008 ?
Réponse : 2007 aura été une bonne, voire une très bonne année, très légèrement supérieure à 2006, qui avait clôturé à 126 300 réservations. Ce bon résultat global ne doit pas cacher que l’année a été très contrastée. Un bon premier semestre, tiré par un très bon premier trimestre, et un fort ralentissement depuis cet été.
Notre fédération avait annoncé ce ralentissement, il est arrivé 6 mois plus tard : nous ne sommes pas surpris par cette inversion de tendance. Elle s’est aussi manifestée dans le secteur de la maison individuelle dont les ventes ont baissé de 4% en 2007.
Pour 2008, nous nous attendons à une baisse globale de 10 %, ce qui signifie 115 000 ventes. L’acquisition d’une résidence principale va être freinée par le niveau élevé des prix de vente, dû à l’augmentation des coûts de construction, l’augmentation des taux.
Du coté des investisseurs, la rentabilité va diminuer du fait que les loyers augmentent moins rapidement que les prix et que le coût du financement. Nous devrions en toute logique assister à un ralentissement de ce marché. La part investisseur est d’ailleurs déjà passée de 52% à 48% de 2006 à 2007.
La composition de l’offre commerciale est un facteur rassurant : le stock de logements terminés et non vendus est limité à 2000, 44 à 45 000 logements sont à la vente, dans des programmes en cours d’achèvement, et 47 à 48 000 logements dans des programmes pas encore démarrés. Dans cette dernière partie de l’offre, si un programme ne se vend pas, il pourra être arrêté et cela devrait contribuer à la régulation du marché.
Enfin, il ne faut pas oublier l’effet « subprime ». On assiste, depuis cet été à un resserrement des crédits bancaires, accordés moins facilement qu’avant par les banques ; cette pression devrait se maintenir en 2008.
Q. : Le gouvernement de M. Sarkozy travaille beaucoup à la politique du logement … que peuvent en attendre les investisseurs privés, quel peut être leur rôle ?
R. : Notre fédération ne peut pas être indifférente à un Président qui met au premier plan la politique du logement ; ses déclarations successives sont satisfaisantes à plusieurs égards.
Il a encore confirmé à Nancy sa volonté de libérer l’offre foncière et envisage de donner à l’Etat la possibilité d’intervenir au dessus des collectivités territoriales pour y parvenir. Cela devrait permettre de mieux maîtriser les prix, sachant que les coûts de construction, eux, ne devraient pas baisser. Le pass foncier, qui permet de reporter de 20 à 25 ans l’achat du terrain est une piste intéressante pour développer l’accession car cela devrait solvabiliser une gamme de clientèle plus large. L’investisseur devrait aussi bénéficier d’un nouvel outil (avec une incitation fiscale), qui viendrait compléter le dispositif existant et permettre aux investisseurs privés de jouer un rôle dans le logement social. Il faut rappeler que sur l’objectif de120 000 logements sociaux, les HLM n’en assurent que 50 000 en neuf et 15 000 en acquisition-amélioration: les promoteurs et les investisseurs privés peuvent se mobiliser et doivent prendre le relais dans ce domaine là.
Q. : Quels conseils donneriez-vous à nos clients pour réussir leur investissement immobilier en 2008 ?
R : Tout, d’abord, il ne faut jamais oublier que c’est avant tout un investissement immobilier : Il faut faire attention à la localisation, au quartier, au développement de la zone, et analyser le marché locatif. Il faut aussi comparer les prix, et s’assurer du lien entre le coût de l’argent et la rentabilité de l’investissement, sans oublier de veiller à la qualité du produit.
Pour les mois à venir, il faut vraiment responsabiliser les acheteurs, il faut les inciter à l’exigence. Les investisseurs sont de plus en plus sollicités, il faut qu’ils aient confiance dans le vendeur, mais cela ne les exonère pas de certaines précautions …
Q. : Pour conclure un mot sur l’Union Financière de France.
R. : C’est un partenaire de longue date que je connais bien. Une des forces de l’UFF est de toujours proposer à ses clients un prix de vente égal à celui du promoteur : ils ont donc la certitude de payer le prix du marché.
Propos recueillis par Hélène Sada-Sulim Communication Union Financière de France |